Luc Pilartz fait partie de cette génération de musiciens belges qui multiplient les projets avec bonheur
et qui baladent, à travers le monde, leurs multiples talents.

Menuets, valses, contredanses ou marches du XVIIe siècles, ces musiques de chez nous revivent sous
son archet. Parce qu’il ne les joue pas en sabots, façon groupe folklorique, ni en tenue de conférencier, conservateur de musée. Il les joue à sa manière, fort de ses connaissances des autres répertoires européens et de leur styles respectifs, fort de sa personnalité de musicien largement ouvert à toutes les expressions. Il en donne alors une lecture forte, originale, créant ce lien avec le passé pour définir sa démarche de musicien d’aujourd’hui attaché à la tradition.

Il a travaillé de nombreuses traditions, comprenant parfaitement les techniques de jeu et l’esprit des airs venus d’Irlande, de Transylvanie ou de Suède. Il compose, il se frotte au classique, il jette des ponts, il propose des itinéraires. Et de plus il trimballe dans sa besace quelques vieux manuscrits dans lesquels d’anciens musiciens ont consigné leurs répertoires. Une façon de nous dire :

« Voilà ce qu’on jouait chez nous pour danser le samedi soir en 1850 et voilà comment je sens cette musique aujourd’hui. »

D’autant qu’il la partage avec deux autres violons (A ;Dorzée et N.Hauzeur), un accordéon (D.Laloy), une guitare (B.Gaquère), et une contrebasse (V.Noiret), et que les violons sont capables de sonner ensemble
à la manière de ceux des violoneux suédois ou des minorités hongroises de Roumanie. Mais sans trahison, sans égarement et sans démonstration, sinon celle d’un musicien qui semble plus heureux et plus habile
que jamais pour nous jouer les airs qu’il aime et nous faire sentir ce qu’ils ont de chez nous et de chez
nos voisins européens.

Un régal. Etienne Bours